Portrait d’artistes – Lou-Arnn et cie

Lou-Arnn et cie, poète freestyle

en 20 questions

@louarnnetcie

Regarder les mots sur les pavés, les laisser flotter comme un nuage et alors il y a des photos, des mots, un brin de poésie moderne, quelques lettres à soi-même. Voici Lou-Arnn et cie qui ouvre grand les yeux et ballade la ville dans son balluchon et sur son instagram. Derrière Lou-Arnn, il y a Cyrielle, poète et musicienne de 29 ans.

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Qui de mieux qu’elle pour se présenter :

Passionnée par l’art et la nature, je vis entre Clermont-Ferrand et Paris. De formation littéraire, je suis actuellement en reconversion dans la communication digitale. Je me bats en parallèle contre une maladie chronique rare, le lupus.

  • Quel est ton plus grand rêve d’enfant ?  Je pense que mon père m’a permis d’assouvir un rêve éveillé à travers la possibilité de beaucoup voyager étant enfant. J’ai pu en prendre plein les sens et ça m’a permis de développer ma curiosité, mon insatiable envie d’apprendre et de me découvrir des passions.

  • Ce côté artistique t’a-t-il été influencé par ton entourage ? une rencontre ?  Je pense qu’on naît avec cette fibre, c’est un moyen de s’exprimer qui prend forme à travers notre personnalité. Ça a commencé jeune avec le dessin, puis ça a évolué vers l’écriture, la musique et la photographie. J’ai tout de même été initiée au plaisir d’écrire par l’institutrice que j’avais à mes 10 ans. Elle était passionnée par l’art et m’a montré comment je pouvais jongler avec les mots, leur sonorité et leur sens. C’est là que je me suis sentie encouragée et libre d’écrire un poème pour la première fois, et ça ne m’a plus quitté depuis. J’ai aussi rencontré bien plus tard une psychanalyste fascinée par la dualité présente dans mes poèmes et qui m’a encouragé à les publier. Du côté familial, j’ai su tardivement que ma mère avait fait un peu de musique et ma grand-mère du dessin, par exemple.
  • Comment travailles-tu ?  De façon spontanée et intuitive, mais toujours avec régularité car je reste perfectionniste. Je cherche constamment à affiner mon style, à explorer et ne pas lui donner de limite sans toutefois le dénaturer de son essence. Il y aussi une dimension thérapeutique, donc c’est un besoin qui y est associé. J’aime les lieux bondés pour observer la vie qui défile et prendre quelques notes à la volée. J’ai surtout besoin de me connecter à la nature, ce qui me permet d’écrire de façon très imagée, symbolique et sensitive. Le plus souvent, c’est en soirée que j’écris, avec une bonne tasse de thé et de la musique ambiante: j’assemble mes idées, je structure, je relie mes émotions aux mots les plus justes.

  • Qu’est-ce qui t’inspire ?  La nature, l’âme et le tumulte des émotions humaines, la musique, les artistes eux-mêmes. Je suis une aesthète et je m’imprègne de la beauté, de l’absurdité, des contradictions, des tensions, des non-conventions, du sens de la vie. Je recherche l’authenticité et l’intensité en toute chose. Donc mettre à nu pour sublimer et dénoncer, c’est un peu ce qui se ressent dans mon écriture. Tout ce qui a une forte vibration saura toujours m’inspirer quelle que soit la forme.  9

  • Penses-tu avoir confiance en toi ? Oui et non. J’ai confiance en ce qui me définit en tant qu’être humain: mes valeurs, mon essence, mon potentiel, ma force, ma persévérance. Mais je continuerai toujours de me battre contre le conditionnement négatif et fataliste issu de mon éducation, contre les traumatismes du passé. La confiance continue de se travailler jour après jour. Elle devient un état d’esprit à nourrir. Et je sais de nature que le mien est joyeux, excentrique et branché sur des sources d’énergies positives et créatives.

  • Qu’est-ce qui te donne confiance en toi ?  Lorsque je me prouve les choses à moi-même. Que je parviens à surmonter des épreuves, à réussir des objectifs que je me suis fixée, que je repousse mes limites, que j’ose. Je me sens plus forte. J’estime que la vraie confiance vient de l’intérieur, de l’amour qu’on se porte à soi-même, sans attendre celui des autres.

  • Quels sont tes artistes (peintres, auteurs …) préférés ? Ceux qui t’ont influencé ?  Il y en a tellement, alors je vais rester dans le cercle littéraire. Le premier reste Shakespeare, dont j’admire le choix subtile et délicat des mots. Les autres viennent de différents mouvements du XIXe: Poe, Maupassant, Nerval, Whitman, Rimbaud, Zola ou encore Baudelaire et son art de sublimer le laid. Ensuite viennent Pessoa, Bukowski, Morrison et les haïkus à la japonaise de Basho, Ozaki.

  • Avec quels outils préfères-tu travailler ?  Jeune j’avais toujours un gros carnet que j’emportais partout pour noter des idées ou des références. Je l’ai remplacé avec le temps par les « Notes » de mon téléphone pour gagner en rapidité, efficacité et surtout visibilité. Je rédige beaucoup sur ordinateur car je peux écrire plus vite et ne pas perdre le fil de mes idées. Mais j’ai toujours un « carnet de bord » pour écrire et lâcher librement au stylo. La technologie ne pourra jamais se substituer au plaisir d’écrire à la main.

  • Si tu devais définir en 3 mots la clé de ta réussite ?  La vraie réussite pour moi c’est de pouvoir toucher, susciter des émotions pour créer des connexions profondes avec les gens à travers les mots. J’estime que c’est à deux de définir si j’ai réussi ou non. Donc je citerais plutôt 3 mots qui font ma « patte »: authenticité, subtilité, contraste.

  • Si tu étais un animal (le plus proche de ton caractère), lequel serais-tu ?  Un loup sans hésitation, car je suis un peu une antinomie. Aussi sociable et vivante qu’on puisse l’imaginer « en meute » que solitaire pour retrouver la paix intérieure.

  • Poète, métier ou passion ? Si tu n’avais pas été poète, quel métier aurais-tu exercé ?  C’est un domaine qui n’intéresse que très peu de personnes aujourd’hui: difficile de percer ou d’en faire quelque chose excepté pour le plaisir. Ça restera une passion, comme écrire et interpréter mes chansons. Néanmoins j’aspire à un métier qui puisse toujours me permettre d’utiliser mes mots et les mêler à l’image, à travers le digital notamment. Le choix est large et je vais me réorienter dans ce domaine prochainement.

  • As-tu déjà refusé des propositions de travail ? Lesquelles et pourquoi ?  Un jeune artiste produit m’avait demandé de lui écrire des chansons. J’ai tenté mais son univers ne collait pas au mien. J’ai fini par refuser car le travail n’aurait été productif ni pour lui, ni pour moi.

  • Te verrais-tu enseigner ta passion ?  Je ne me serais pas vu professeur de littérature. Par contre, animer des ateliers pour que l’écriture prenne tout son sens et puisse devenir thérapeutique, ça, j’aurais beaucoup aimé.

  • Cite-nous 3 rêves accomplis.  Je dirais que je suis heureuse d’avoir autant voyagé, d’avoir connu plusieurs scènes musicales et d’avoir fait de belles rencontres artistiques.

  • Cite-nous 3 envies, projets futurs que tu voudrais voir accomplir.  Les problèmes de santé m’ont beaucoup ralenti, donc aujourd’hui j’ai pas mal de choses à rattraper: terminer mes heures de conduite pour avoir mon permis, intégrer l’école de communication digitale à Paris que je vise, peut-être reprendre la musique et continuer à écrire pour que les projets viennent à moi. Les plus belles choses se construisent en chemin.

  • Te sens-tu libre dans ton métier ?  C’est une passion, pas réellement un métier. Si je ne me sens pas libre dans ce que je fais, je ne suis pas productive, donc c’est une condition essentielle.

  • Et si tu nous donnais une définition personnelle d’ « être artiste ».  L’art est un moyen d’expression et un canal universel autant qu’un art de vivre à part entière; toujours à contre-courant du monde. On naît avec cette étincelle, mais on devient « artiste » si on travaille pour lui donner forme, si on sert une cause: un artiste ne doit pas se servir lui-même, il doit mettre son art au service des autres.

  • Y a-t-il des œuvres personnelles que tu ne réserves qu’à toi, que tu ne partageras jamais ?  Les oeuvres les plus sombres qui reflètent mes tourments personnels. Ou mes écrits de bord qui ont une visée thérapeutique. Ils sont juste là pour que je libère le poids des émotions.

  • Quel regard portes-tu sur ta passion ?  L’art est sain. C’est plus qu’une passion, c’est une essence vitale.

  • Un conseil à de jeunes artistes ?  Apprenez d’abord à vous connaître. Osez, libérez-vous, ne vous fixez pas de limite. Apprenez à échouer pour mieux persévérer. Allez toujours au bout des choses et mettez-vous sans cesse à l’épreuve. Surtout, restez fidèles à ce que vous êtes.

 

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Merci

*Autre poème non publié sur Instagram

L’AUBADE

Les méandres de ma peau, comme furieux

d’en mordre les échos, sévissent en doucereux

otages, face à l’attraction des ondes volages.

Abreuvent leurs éclectiques vibrations.

Cette euphonie sous adrénaline, orchestre mes

sens en apesanteur, pour mieux graver d’ivresse

les instants, cueillis par mon être gourmand.

Subtile escale en son rythme des plus impénétrables.

La mus(e)ique comme énergie vitale.

Si vous voulez découvrir d’autres portraits, Portraits d’artiste ° Cal_dessins_and_co

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